Alain BOUVET, organiste

  Alain Bouvet

 

Alain BOUVET, ancien élève du Lycée de Flers (devenu Jean Guéhenno en 1987), est un musicien d'orgue, actuellement titulaire des orgues de l'Abbatiale de Saint-Étienne de Caen. 

Lorsque nous étions au lycée, après la cantine, il jouait du piano, classique ou autre, telle la Rhapsody in Blue, et le samedi après-midi, nous allions à l'église Saint-Jean de Flers; il se mettait aux orgues et nous l'écoutions avec délice.

Il a fait ses tout débuts au Petit Séminaire de Flers avec l'abbé Busson.

Admis dans la classe d'orgue du Conservatoire National de Région de Caen, il a obtenu le premier prix à l'unanimité l'année même de son inscription. Remarqué à ce concours par le président du jury André Marchal, il devait par la suite travailler l'ensemble du répertoire avec ce Maître pendant cinq ans.

 

Avec quel instrument as-tu commencé à jouer et à quel âge ? 

Mon frère aîné est un mélomane averti et j'étais séduit par de nombreuses œuvres. À 10 ans, j'ai commencé par l'harmonium de l'église de Chanu, puis je suis allé à un enterrement (à Saint-Jean de Flers qui possède un très bel orgue romantique) et là, j'ai été séduit par le SON de cet instrument, puis j'ai rencontré l'organiste de la cathédrale de Sées.

 

Joues-tu d'autres instruments ?

Non, et bien qu'adorant l'orgue, si c'était à refaire, j'aimerais être pianiste.

 

Quel est le trait principal de ton caractère ? 

Je pense que c'est l'ambition. Vers mes 20 ans, je me suis dit qu'un jour je jouerai les orgues de Notre-Dame de Paris (je les ai jouées 6 fois) et que j'enregistrerai un disque (j'en ai enregistré 6).

Anecdote : lors de l'enregistrement des "Naïades" de Louis Vierne - les enregistrements se font de nuit afin d'éviter les bruits divers de circulation - à l'avant-dernière page, à 4 heures du matin, est passé un camion de pompiers avec "sa musique caractéristique"... Il a évidemment fallu tout recommencer.

 

De quand date ton premier concert et as-tu le trac ? 

Mon premier concert pour orgue seul date de 1965 à la basilique des Tourailles. Quant au trac, s'il est paralysant, il vaut mieux arrêter tout de suite de jouer, s'il est porteur de sensations musicales fortes, il faut persévérer. Malgré tout, lorsque d'autres organistes sont présents, le trac persiste un peu. Il faut reconnaître que la première page est souvent légèrement sacrifiée.

 

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Quelles sont les caractéristiques de l'orgue Cavaillé-Coll par rapport à d'autres orgues ?

Chaque pays d'Europe a son type d'orgue. Aucun orgue authentique ne peut se transférer d'un pays à l'autre. Bach représente douze volumes (environ 1 000 pages). Il jouait un type d'orgue allemand - référence mondiale - et c'est seulement à partir de la deuxième moitié de 18ème siècle qu'on a commencé à construire des orgues qui permettaient de jouer Bach en France.

En 1985, paraît mon premier disque "les Grandes Toccatas Symphoniques" enregistré sur le célèbre Cavaillé-Coll de l'Abbatiale Saint-Étienne - Abbaye aux Hommes - où j'ai été nommé titulaire en 1991.

Puis se succèdent d'autres CD consacrés à Franck, Vierne, Widor, Mendelssohn, Dupré, ouvrages unanimement loués par la critique.

 

Tu joues beaucoup en France et à l'étranger, comment se fait ta publicité ? 

Uniquement par le bouche à oreille.

J'ai joué et je continue dans de nombreux pays : l'Allemagne, le Québec, les États-Unis, notamment à la Crystal Cathedral à Garden Groves au sud de Los Angeles, en Scandinavie, en Russie - à Moscou sur un Cavaillé-Coll dans la salle Tchaïkowski, et en Biélorussie.

 L'orgue Cavaillé-Coll de L'abbatiale Saint-Etienne de Caen

 

En résumé, ton compositeur favori ? 

Si on m'enlevait tout sauf Jean-Sébastien Bach, je n'en ferais pas une maladie !

 

Et maintenant, quelques morceaux... (Tous droits réservés - Reproduction interdite)


 

  Lefébure-Wély - Chœur de voix humaine
  Boëllmann - Toccata
  Dupré - Prélude en sol mineur
  Dupré - Fugue en sol mineur
  Gigout - Grand chœur dialogué
  Guilmant - Prière et berceuse
  Mendelssohn - Kinderstücke pour piano Op 72 No6
  Mendelssohn - Préludes pour piano Op 104a No1

 

 

C. T.